Le jour où tout a merdé – 2024

D’après un texte de Joan Yago
Une comédie climatique, c’est possible?

Le jour où tout a merdé raconte la véritable et rocambolesque mésaventure vécue par le Théâtre Sortie de Secours, en temps de pandémie, alors que la compagnie avait entrepris, avec l’auteur catalan Joan Yago, un spectacle sur le négationnisme climatique.

Au menu, l’histoire vraie d’un projet de création qui a littéralement merdé, avec, en arrière-plan, une tragicomique gestion des toilettes et des reflux en salle de répétition.

Une comédie climatique,
c’est possible?

Le jour où tout a merdé raconte la véritable et rocambolesque mésaventure vécue par le Théâtre Sortie de Secours, en temps de pandémie, alors que la compagnie avait entrepris, avec l’auteur catalan Joan Yago, un spectacle sur le négationnisme climatique.

Au menu, l’histoire vraie d’un projet de création qui a littéralement merdé, avec, en arrière-plan, une tragicomique gestion des toilettes et des reflux en salle de répétition.

AVERTISSEMENT

« Âmes sensibles et climatosceptiques
pourraient ressentir quelques effets secondaires! »

Une histoire vécue

L’équipe du Théâtre Sortie de Secours avait demandé à Joan Yago de lui écrire une pièce sur le négationnisme climatique. Finalement, ce sont surtout les mésaventures sanitaires de la compagnie de Québec qui se retrouvent au cœur du texte de l’auteur catalan Le jour où tout a merdé, traduit et mis en scène par Philippe Soldevila. Cette pièce, avec beaucoup d’humour et sans vouloir faire culpabiliser le public, amène à réfléchir sur l’inaction devant la crise climatique.

Au final, cette création interculturelle signée par Joan Yago, ses complices de La Calórica et le Théâtre Sortie de Secours prend la forme d’une brillante et hilarante métaphore reproduisant les mécanismes humains qui font en sorte que nous tardons à agir sur le réchauffement climatique.

Philippe Soldevila, directeur artistique et metteur en scène

Quand le sort de la planète prend des apparences de reflux d’égout…

Paul Fruteau de Laclos, Savina Figueras, Éva Daigle, Nicolas Létourneau, Érika Gagnon • Photo: Nicola-Frank Vachon

Le jour où tout a merdé
ou l’écologie déjantée au Périscope

Le jour où tout a merdé est une tragi-comédie climatique aussi hilarante que décapante. La pièce s’ouvre sur une conférence délicieusement ambiguë, bourrée de sophismes, de raisonnements apparemment rigoureux mais dans les faits complètement délirants, où l’on définit les personnes soucieuses du climat comme des êtres violents, qui rendent les enfants anxieux et dépressifs parce qu’on leur retire leur petit jus parce qu’il y a une paille en plastique qui vient avec, un fascinant moment de logique fallacieuse. On le comprend rapidement: le public assiste à une conférence climatosceptique, où Greta Thunberg est aimablement traitée de climatofasciste, parce que l’on n’est jamais loin d’un point Godwin quand on argumente avec les personnes qui nient les changements climatiques.

En parallèle se joue l’autre histoire, celle qui donne son nom à la pièce. Mais pas avant qu’une crevette passe sur scène et que l’on comprenne que tout va basculer dans l’absurde. Le jour où tout a merdé raconte ainsi la “véritable et rocambolesque mésaventure” vécue par le Théâtre Sortie de Secours, en temps de pandémie. Une aventure qui présentée ainsi convoque immédiatement l’esprit de Rabelais et qui annonce que le reste de la pièce va être à la hauteur de nos attentes.

Le drame surgit lorsque la compagnie Théâtre Sortie de Secours, qui avait entrepris – avec l’auteur catalan Joan Yago – d’écrire un spectacle sur le négationnisme climatique, et dont les membres étaient heureux d’avoir enfin pu se trouver un local de répétition abordable, fait face à un problème de toilettes. Qui, non contentes de se boucher à la première utilisation, débordent littéralement dans le studio. Et c’est un océan d’excréments bloqués là depuis la construction de l’immeuble (qui n’a pas de drain) qui inonde le local de répétition, ce qui donne lieu à un grand moment de blagues aussi intelligentes que scatologiques qui fera hurler de rire le public.

Les deux histoires vont alterner, et travailler en miroir, grâce à un travail d’écriture tout à fait remarquable, qui alterne le sérieux et le comique, l’absurde et le logique. Et à l’image des fondations de l’immeuble qui s’enfoncent littéralement dans ce tas de marde, au risque de faire s’écrouler l’édifice, les différents moments de la conférence climato-sceptique s’enchaînent, plombant un peu plus l’avenir de l’humanité.

Il y a dans l’écriture de la pièce quelque chose de Rabelaisien; on y trouve ainsi plusieurs procédés de l’auteur de Gargantua et Pantagruel, qui allèguent en permanence la véracité du récit et permettent de mettre en exergue la question de la croyance, de la responsabilité individuelle face aux aveuglements collectifs. Le tout s’incarne d’ailleurs à la perfection dans une fabuleuse réunion de copropriétaires qui fait bien comme la COP 25, et qui priorise des réparations superficielles au lieu de s’attaquer aux problèmes en profondeur.

Transformer un drame (deux, en l’occurrence) en comédie n’est pas un mince défi, que la compagnie relève avec brio. Aborder par l’humour et l’absurde la mentalité du “après-moi le déluge” offre une occasion inestimable de rire intelligemment et de réfléchir en même temps. On peut vous garantir que les deux heures que dure la pièce passent comme un tourbillon. On se doit de relever la performance spectaculaire des cinq comédien‧ne‧s et leur palette d’expression presque infinie qui leur permet d’incarner plus de 25 personnages sans presque changer de costume. Éva Daigle, Savina Figueras, Paul Fruteau de Laclos, Érika Gagnon et Nicolas Létourneau ont tellement d’énergie, d’intensité, de plaisir à jouer sur scène, que c’en est jubilatoire.

Scatologique, écologique, déjantée: la pièce Le jour où tout a merdé  est la pièce à voir. Intensément drôle, profondément bien écrite et délicieusement bien jouée, elle invite à réfléchir sur nos démissions individuelles et collectives face à l’urgence climatique.

 

A voir absolument au Périscope jusqu’au 9 novembre.
Pascaline Lamare, Murmures sur les planches

Le jour où tout a merdé : un drame transformé en comédie

«On voit évoluer 5 comédien.nes, qui interprètent les 25 personnages de leur histoire vécue.
Une performance extraordinaire de chacun d’eux.»

>Marie-Josée Boucher, Arts et culture, 22 octobre 2024

Le jour où tout a merdé : un drame transformé en comédie

«On voit évoluer 5 comédien.nes, qui interprètent les 25 personnages de leur histoire vécue.
Une performance extraordinaire de chacun d’eux.»

>Marie-Josée Boucher, Arts et culture, 22 octobre 2024

Paul Fruteau de Laclos / Savina Figueras , Nicolas Létourneau, Éva Daigle Érika Gagnon • Photos: Nicola-Frank Vachon

équipe de création

Traduction et adaptation
Philippe Soldevila
d’après un texte de Joan Yago

Mise en scène
Philippe Soldevila
Assisté de Frédérique Fecteau-Simard

Décors
Christian Fontaine

Costumes
Erica Schmitz

Lumières & vidéo
Keven Dubois

Conception sonore et musique
François Leclerc

Distribution

Éva Daigle
Savina Figueras
Paul Fruteau de Laclos
Érika Gagnon
Nicolas Létourneau

Direction de production
Diane Bastin

Direction technique
François Leclerc

Réalisation des tournages
Étienne d’Anjou

Traduction et adaptation
Philippe Soldevila
d’après un texte de Joan Yago

Mise en scène
Philippe Soldevila
Assisté de Frédérique Fecteau-Simard

Décors
Christian Fontaine

Costumes
Erica Schmitz

Lumières & vidéo
Keven Dubois

Conception sonore et musique
François Leclerc

Distribution

Éva Daigle
Savina Figueras
Paul Fruteau de Laclos
Érika Gagnon
Nicolas Létourneau

Direction de production
Diane Bastin

Direction technique
François Leclerc

Réalisation des tournages
Étienne d’Anjoua

Entrevue avec Philipe Soldevila

Les mésaventures sanitaires d’une troupe de Québec présentées au Périscope

Entrevue de Philippe Soldevila

Philippe Soldevila • Photo: Frédéric Matte / Le Soleil

«On a un mauvais karma avec les locaux de répétitions», prévient d’entrée de jeu Philippe Soldevila. Le directeur du Théâtre Sortie de Secours et ses complices occupent présentement des locaux de répétition dans Vanier. Ils y ont déménagé en catastrophe quand l’église désacralisée qui les accueillait dans Saint-Sauveur, sur la rue Mazenod, a soudainement commencé à montrer des signes de détérioration dangereux.

«On avait tout, même une salle [de spectacle]. C’était immense! Magnifique! C’était en bois, alors le son était bon. On allait y jouer une pièce qui s’appelle Le temple et, deux semaines avant la première, ils nous ont dit qu’on devait quitter d’urgence parce que ça allait s’effondrer», raconte le metteur en scène.

L’église a finalement été démolie pour faire place à des condos. Entre temps, la troupe avait déniché de nouveaux locaux qu’elle occupe encore aujourd’hui malgré les problèmes de plomberie et des reflux d’égouts «assez intenses» qu’elle y a vécue.

Ces désagréments sanitaires ont commencé peu de temps avant leur rencontre avec Joan Yago. Alors que les artistes étaient à Barcelone pour présenter Les Véritables aventures de Don Quichotte de la Mancha, Philippe Soldevila a eu un coup de cœur pour ce jeune et prolifique auteur catalan.

Tout en lui demandant de leur écrire une pièce sur le négationnisme climatique, le dramaturge lui a fait part de leurs problèmes de toilettes au Québec. «La pièce a pris une direction différente du moment qu’on lui a raconté notre mésenvanture», soutient-il.

« En plus, on avait filmé quelques parties. Paul [Fruteau de Laclos] s’était mis à documenter cette mésaventure. Joan Yago est parti avec tout ça et il a écrit la pièce, mais en catalan», explique l’artiste québécois né d’un père espagnol, ou plus précisément valencien.

« [Le valencien], c’est la même langue que le catalan, mais qui a évolué différemment. C’est comme l’acadien versus le québécois», explique-t-il. Grâce à la famille de son père, le metteur en scène comprend le catalan presque aussi bien que le valencien, mais ne le parle pas. «Ça fait au moins trois ou quatre pièces que je traduis [du catalan] pour me réapproprier cette langue que je connais très bien d’oreille, je dirais 80 %, et à l’écrit encore plus. Mais j’ai fait mes devoirs», précise le dramaturge, qui est plus à l’aise de s’exprimer dans la langue de sa mère, le castillan, communément appelée l’espagnol.

Ainsi, le metteur en scène invite les spectateurs à laisser de côté de leur écoanxiété pour rire un bon coup, mais «intelligemment». Lui-même ne peut s’empêcher de pouffer de rire en parlant de cette création avec Le Soleil.

Cette comédie inspirée de faits vécus est racontée en faisant appel aux codes du théâtre documentaire et utilise notamment les captations vidéo réalisées par le comédien Paul Fruteau de Laclos. Les cinq interprètes du Théâtre Sortie de Secours y jouent 25 personnages. En plus de leur propre rôle, ils incarnent, entre autres, leurs voisins avec qui ils sont devenus familiers pendant leurs problèmes de plomberie.

Le rythme de ce spectacle de 110 minutes étant assez soutenu, les interprètent n’ont pas vraiment le temps de changer de costume. Si bien, qu’ils s’en passent la plupart du temps et donnent l’impression au public d’être dans les coulisses de la création. «On construit une pièce de théâtre devant le public. Je trouve ça trippant!», s’enthousiasme Philippe Soldevila.

Valérie Marcoux, Le Soleil – octobre 2024

« En plus, on avait filmé quelques parties. Paul [Fruteau de Laclos] s’était mis à documenter cette mésaventure. Joan Yago est parti avec tout ça et il a écrit la pièce, mais en catalan», explique l’artiste québécois né d’un père espagnol, ou plus précisément valencien.

« [Le valencien], c’est la même langue que le catalan, mais qui a évolué différemment. C’est comme l’acadien versus le québécois», explique-t-il. Grâce à la famille de son père, le metteur en scène comprend le catalan presque aussi bien que le valencien, mais ne le parle pas. «Ça fait au moins trois ou quatre pièces que je traduis [du catalan] pour me réapproprier cette langue que je connais très bien d’oreille, je dirais 80 %, et à l’écrit encore plus. Mais j’ai fait mes devoirs», précise le dramaturge, qui est plus à l’aise de s’exprimer dans la langue de sa mère, le castillan, communément appelée l’espagnol.

Ainsi, le metteur en scène invite les spectateurs à laisser de côté de leur écoanxiété pour rire un bon coup, mais «intelligemment». Lui-même ne peut s’empêcher de pouffer de rire en parlant de cette création avec Le Soleil.

Cette comédie inspirée de faits vécus est racontée en faisant appel aux codes du théâtre documentaire et utilise notamment les captations vidéo réalisées par le comédien Paul Fruteau de Laclos. Les cinq interprètes du Théâtre Sortie de Secours y jouent 25 personnages. En plus de leur propre rôle, ils incarnent, entre autres, leurs voisins avec qui ils sont devenus familiers pendant leurs problèmes de plomberie.

Le rythme de ce spectacle de 110 minutes étant assez soutenu, les interprètent n’ont pas vraiment le temps de changer de costume. Si bien, qu’ils s’en passent la plupart du temps et donnent l’impression au public d’être dans les coulisses de la création. «On construit une pièce de théâtre devant le public. Je trouve ça trippant!», s’enthousiasme Philippe Soldevila.

Valérie Marcoux, Le Soleil – octobre 2024

Paul Fruteau de Laclos • Photo: Frédéric Matte, Le Soleil

Des échanges sportifs

«Éva Daigle, Savina Figueras, Paul Fruteau de Laclos, Érika Gagnon et Nicolas Létourneau interprètent chacun une ribambelle de personnages colorés, alternant souvent entre deux ou trois personnages dans une même scène et se répondant par moments à eux-mêmes. Les échanges énergiques, voire sportifs, contribuent à ce que le public soit rivé à l’action, en plus d’être sidéré par les péripéties… et certaines des énormités prononcées.»

> Marrie E. Bathory, Monmontcalm.ca, octobre 2024

Beaucoup de rire et de talent

«La magie émane des comédiens qui, comme des magiciens, font disparaitre les 110 minutes de ce spectacle en un clignement des yeux.»

> Valérie Marcoux, Le Soleil, octobre 2024

Beaucoup de rire
et de talent

«La magie émane des comédiens qui, comme des magiciens, font disparaitre les 110 minutes de ce spectacle en un clignement des yeux.»

> Valérie Marcoux, Le Soleil, octobre 2024

« J’ai tellement ri pendant cette pièce de théâtre! […] Quelle métaphore puissante! »

Tifa Bourjouanne, Ici Première, RadioCanada